Jules COSSET

(1853-?)
Photographe d'atelier

Foussais-Payré Vendée Les Sables d'Olonne Sées Orne

Jules Célestin Prosper Cosset est né le 26 novembre 1853 à Saint-Hilaire-des-Loges (Vendée) où son père était facteur et sa mère sage-femme. Adolescent, il vit à Niort (Deux-Sèvres). Il y exerce le métier de boulanger quand il passe devant le conseil de révision en 1873. Le 15 février 1877, le tribunal de Fontenay-le-Comte (Vendée) le condamne à six semaines de prison pour coups et blessures. Pour échapper à l’emprisonnement, il quitte la Vendée et s’installe à Tours (Indre-et-Loire).

TOURS : Le 1er avril 1877, il est embauché par Albert Langlois, photographe 2, rue des Fossés-Saint-Georges. Son patron déclarera plus tard " J’avais, il y a environ 18 mois pris M. Cosset à mon service en lui donnant à cette époque 90 Fr par mois. Il n’était pas photographe à ce moment. Je lui appris un peu le métier et comme il me rendait des services, j’ai augmenté ses appointements que j’ai portés à 150 Fr par mois. Il pouvait encore se faire quelques bénéfices s’élevant à une trentaine de francs par mois..." A Tours, en plus du loyer du logement qu’il occupait 14, rue Chaude avec son épouse, Jules Cosset louait pour 18 Fr par mois 36, rue de la Dolve une chambre garnie où logeait sa maîtresse. De plus, il jouait aux courses. Le 1er octobre 1878, Albert Langlois remet à son employé 275 Fr et le charge d’aller payer son loyer. Cosset part avec l’argent chez sa maîtresse qui lui soustrait une centaine de francs puis, complétement ivre, prend le train et raconte son forfait aux autres voyageurs dont un certain Bertrand, photographe, qui s’empresse d’alerter Albert Langlois. Cosset est arrêté par la gendarmerie de Château-du-Loir (Sarthe) et emprisonné à Tours où il purge la peine de prison que lui avait infligée le tribunal de Fontenay-le-Comte. Le 18 octobre 1878, il est jugé par le tribunal correctionnel de Tours pour abus de confiance. En plus de l’argent du loyer, Cosset avait volé à son patron un objectif estimé à 60 Fr. Il est condamné à huit mois de prison et 25 Fr d’amende. (1)

SEES : On imagine qu’à sa sortie de prison, il lui était impossible de travailler pour un photographe de Tours. Sans doute a-t-il été se fondre dans la masse des ouvriers photographes qui officiaient dans les ateliers de la capitale jusqu’à ce qu’il ait les moyens de se mettre à son compte. A l’enseigne "Grande photographie du Globe", Cosset a été associé un temps avec le dénommé Schaub dont on ne sait rien puis, à la même enseigne, il a ouvert un atelier rue Pantin à Sées (Orne). Au dos de ses photos, il mentionne "Trois succursales de voyage". En 1886, c’est Guillaume Tesson qui exerce à cette adresse.

En premières noces, sans doute en 1876, Jules Cosset avait épousé Marie Zénobie Brunet. Après leur séparation, le photographe a vécu avec Adèle Chabot (1845-1912) qui était veuve de Benjamin Molisson, menuisier  décédé à Paris en 1879. Cosset associe sa compagne à ses travaux.  Désormais, ils signeront leurs épreuves Cosset-Chabot. Au dos d’un portrait d’enfants, on trouve le cachet de la "Grande photographie artistique de Paris - Cosset-Chabot - Maison Principale à Paris", sans indication de lieu. Après avoir été enregistrés comme photographes ambulants dans la Sarthe, ils  s'installent en 1888 Chantenay (Loire-Atlantique) dans une habitation sommaire qu'ils ont fait bâtir. (2)

LES SABLES D’OLONNE : Le 24 février 1889, « La Vendée républicaine » publie une annonce pour la photographie Cosset-Chabot située 38, rue Nationale aux Sables-d’Olonne (Vendée).  (3) Le photographe fera paraître cette annonce dans le journal vendéen jusqu’en février 1890. Après, il quittera Les Sables d’Olonne. 

LOUDUN : On ne sait où le couple de photographes a vécu après avoir quitté Les Sables. Le 11 mars 1893, le tribunal civil de Loudun (Vienne) prononce le divorce de Jules Cosset, photographe domicilié à Loudun (où il n’avait pas été recensé en 1891) et de Marie Zénobie Brunet.   Deux ans plus tard, le 27 novembre 1895,toujours à Loudun, il épouse Adèle Chabot. 

FOUSSAIS -PAYRE : Après leur mariage, le couple s'installe  à Foussais-Payré, un bourg vendéen situé non loin de Saint-Hilaire-des-Loges, commune natale du photographe. C’est là que vivaient à la fin du XIXe siècle, ses parents et son frère. Jules Cosset et son épouse y sont recensés en 1896 et 1901. Ensuite, le couple quitte la Vendée et s’installe à Nantes où Jules Cosset est cabaretier 81, quai de la Fosse. Après avoir fait faillite en novembre 1903 (4) il reprend son métier de photographe à Foussais-Payré. La clientèle d’un bourg de 1 500 habitants n’aurait pas suffi à faire vivre le ménage qui employait une servante. Les Cosset-Chabot se déplaçaient donc en Vendée et dans les départements limitrophes, notamment pour faire des photographies scolaires. Adèle Chabot, est décédée à Foussais le 13 février 1912. Quatre ans plus tard, le photographe se remarie à Niort avec Louise Hozanne, une jeune veuve qui aurait pu être sa fille. En 1921, Jules Cosset, septuagénaire, est toujours photographe patron à Foussais-Payré.

Sources :

(1)  Le dossier d’instruction de l’abus de confiance commis par Jules Cosset est classé aux Archives départementales d’Indre-et-Loire sous la cote 3U3/2319.

(2)  "Reflet de Bretagne - les collections photographiques du musée de Bretagne"

(3) « La Vendée républicaine » est consultable en ligne sur le site des Archives départementales de la Vendée.

(4) "Le Nouvelliste de l’Ouest" des 2 novembre 1903 et 12 février 1905. Consultables en ligne sur le site des Archives départementales de Loire-Atlantique..