Léon RUPPE

(1837-?)
Photographe d'atelier
4 photographies

Flers Orne Vire Condé-sur-Noireau Calvados

 Fils d’un maréchal-ferrant, Léon Baptiste Ruppé est né le 13 janvier 1837 à Champéon (Mayenne). Ses parents quittent la Mayenne et s’installent à Condé-sur-Noireau (Calvados) où la présence du maréchal-ferrant est attestée en avril 1846. Cinq ans plus tard, en janvier 1851, son épouse, âgée de 42 ans et déjà grand-mère, donne naissance au dernier de leurs nombreux enfants. Dès l’adolescence Léon Ruppé quitte sa famille et travaille pour subvenir à ses besoins. En 1856, il est domestique chez le couple Autin 33, rue Saint-Jean à Caen (Calvados). (1)  Cela fut assurément la chance de sa vie. Auguste Autin (1809-1889) a été un acteur majeur de la diffusion du daguerréotype en Normandie. En décembre 1843 puis en février 1844, de passage au Havre (Seine-Maritime), il vante dans la presse locale ses portraits coloriés au daguerréotype. (2) Après avoir été itinérant, il se sédentarise au Havre avant d’ouvrir un atelier à Caen en 1855. C’est là que Léon Ruppé a découvert la photographie dont il allait faire son métier.

VIRE : Le 27 janvier 1862, Léon Ruppé, photographe, provisoirement domicilié à Condé-sur-Noireau, épouse à Vire (Calvados) Léopoldine Mauduit, fille d’un entrepreneur ; leur union civile est assortie d’un contrat de mariage passé deux jours plus tôt chez un notaire de la ville. A l’enseigne "Photographie viroise", le jeune marié ouvre un atelier de pose rue du Haut Chemin où il va opérer quarante ans. Son atelier est fréquenté par les notables virais et d’ailleurs. Ruppé sera un temps le photographe officiel des évêques de Bayeux, Coutances... Nantes et Bayonne. On lui doit aussi de belles vues -format carte de visite ou carte album- de paysages et de monuments normands (Vire, Bayeux, Granville...).

FLERS : Durant l’automne 1865, Léon Ruppé passe deux jours par semaine à Flers (Orne), ville de 10 00 habitants située à une trentaine de kilomètres de Vire. Son atelier provisoire est situé "Grande rue, près le Roulage". Dans "Le Journal de Flers" du 15 novembre 1865, il prévient "sa nombreuse clientèle" qu’il ne pourra prolonger son séjour au-delà du 20 décembre. (3) En avril 1868, il est de retour à Flers ; les deux villes depuis l’année précédente sont reliées par le train. Désormais, le photographe  sera présent à Flers chaque mardi de 9 heures du matin à quatre heures du soir. (4) Ruppé se rendra dans sa succursale ornaise pendant plus de vingt ans. Il n’aurait cessé d’y opérer qu’en 1891 (5). Après avoir accueilli sa clientèle rue du Parc, il déménagera rue Messei où il est mentionné dans l’Annuaire de l’Orne de 1884.

CONDE-SUR-NOIREAU : Le 17 janvier 1869, dans « Le Journal de Condé » le photographe informe les habitants de la ville où il avait passé son enfance qu’il sera présent  tous les mardis à Condé-sur-Noireau. (6) La commune était desservie par le chemin de fer depuis 1868. Est-ce en train que Léon Ruppé, chaque mardi, allait de Flers à Condé qui n’étaient distantes que de 12 kilomètres ?

En 1901, Léon Ruppé, sexagénaire, est toujours photographe patron rue du Haut Chemin à Vire. Il aurait cessé son activité en 1902.

Sa fille Marie Sophie Ruppé (1862-1915) avait épousé en 1882 Edmond Louis Bachelay (1860-?) qui, après avoir été employé à la recette de Vire,  sera photographe à Caen.

 

Sources :

(1)   Yves Lebrec « Les premiers photographes de Granville 1839-1939 (2003) et « Objectif Calvados – Un siècle de photographie aux Archives du Calvados 1850-1950 » Cahier de la direction des Archives du Calvados n°44 (2010).

(2)   Jean-Jacques Henry  « Photographie.  Les débuts en Normandie » (1989)

(3)   « Le Journal de Flers et de l’arrondissement de Domfront » du 15 novembre 1865. Consultable en ligne sur Normannia – Le patrimoine écrit de  Normandie.

(4)  « Le Journal de Flers et de l’arrondissement de Domfront » du 29 avril 1868. Voir supra.

(5)   « Images révélées – 150 de photographies aux Archives de l’Orne » (2007)

(6)   Yves Lebrec. Voir supra