Edouard ZARSKI

(1853-1912)
Photographe d'atelier
2 photographies

Abbeville - Amiens Somme Lille Nord

Edouard Zarski est né le 12 février 1853 à Cracovie (Pologne). Après avoir été employé dans des ateliers de photographie à Paris, il a travaillé à son compte à Abbeville et Amiens (Somme) ainsi qu’à Lille (Nord).

PARIS : Edouard Zarski a-t-il découvert la photographie en Pologne ? Sans doute. Mais dans toute l’Europe et bien au-delà, beaucoup de jeunes photographes rêvaient de venir travailler à Paris. C’est ce que fit Edouard Zarski. Dans la capitale, il sera employé par Nadar, Van Bosch et Blanc. (1)

AMIENS : Zarski quitte Paris quand Léon Caron, photographe à Amiens, le recrute comme opérateur. Léon Caron est son témoin quand Edouard Zarski se marie à Amiens le 6 décembre 1886. Les deux hommes travailleront encore deux ans ensemble. Le 31 janvier 1888, Marguerite Zarski, fille aînée du photographe, voit le jour chez ses parents domiciliés 45, place Saint-Denis, près de l’atelier de Léon Caron qui était au 65, de la même place

ABBEVILLE : Au printemps 1888, les Zarski s’installent à Abbeville, sous-préfecture de la Somme qui comptait un peu moins de 20 000 habitants. Là, le photographe va travailler à son compte au 12, rue Saint-Jean-des-Prés. "Le Progrès de la Somme" vante "les ateliers modèles " de Zarski avec "une vaste cour expressément aménagée pour prendre des groupes nombreux en plein air et des photographies équestres". (2) En complément de son travail de photographe, Edouard Zarski donne des cours et de littérature russe à la mairie d’Abbeville. (3) En 1893, le photographe revient travailler à Amiens mais il conservera pendant onze ans son atelier d’Abbeville à titre de succursale. Il le vendra en 1904 à Girard et Fournier. (4)

AMIENS : En mars 1893, Edouard Zarski succède à Joseph Keilhauer dans son atelier sis 110, rue des Trois Cailloux. (5)  Le photographe polonais y opérera jusqu’à son départ à Lille.

LILLE : En 1894 environ, Edouard Zarski s’installe à Lille dans un hôtel particulier au 68 boulevard de la Liberté. C’est là, en 1897 qu’il fera le portrait d’un garçon de sept ans, le visage encadré de cheveux mi-longs et bouclés. Trois ans plus tard, Charles de Gaulle reviendra poser chez Zarski avec ses frères et sa sœur. (6)   A Lille, le photographe polonais avait succédé à C. Mouth qui, pendant des années, avait fait des recherches sur les agrandissements au charbon par projection directe à la lumière artificielle. Zarski poursuit dans cette voie et se donne les moyens de réussir. Il fait installer dans son atelier un moteur de 14 chevaux actionnant une dynamo de 100 ampères servant à l’éclairage de cinq projecteurs électriques à arc de 10 à 30 ampères. Ce dispositif hors norme lui permet de faire des agrandissements au charbon de grandes dimensions.   A l’exposition de Bruxelles en 1897, il présente des tirages d’un mètre sur deux. (7) Mais il fait encore plus fort à l’exposition universelle de Paris en 1900. Dans son stand, on peut admirer « Le Petit chaperon rouge » qu’il présente comme « la plus grande photographie du monde ». Dimensions de l’objet :  2m65 x 1m75. L’impression de l’épreuve a pris seize heures en utilisant une lampe électrique de 40 ampères de l’invention de Zarski.  (8)  En 1901, le photographe opère à Lille dans un atelier qu’il avait transféré 83, rue Nationale mais qu’il va bientôt quitter pour revenir à Amiens.

AMIENS : En 1903 au plus tard le photographe est de retour à Amiens, il reprend la direction de son atelier de la rue des Trois Cailloux où son employé Henri Crampon avait opéré pendant son absence. (9) En janvier 1904, à l’invitation de la Société industrielle d’Amiens, Edouard Zarski, membre de la Société astronomique de France, anime une conférence ayant pour thème « La photographie astronomique et la carte du ciel » avec projection de clichés de l’Observatoire national de Paris et de l’Observatoire de Meudon. (10)

Agé de 59 ans, Edouard Zarski est décédé à Amiens le 12 novembre 1912. Son successeur, Oscar Hacquart, déplacera l’atelier du 110 rue des Trois Cailloux aux 80 et 92 de cette même rue. (11)

Zarski et l’aérostation

Comme Nadar et d’autres photographes, Zarski s’est intéressé à l’aérostation. Pendant des années, il a fait des recherches sur le mode de propulsion des ballons-dirigeables. Le 24 novembre 1898, il dépose un brevet sur un « nouveau dispositif pour la propulsion des aérostats ». (12)  Un an plus tard, le 23 janvier 1899, il obtient un brevet pour une « nouvelle disposition de plate-forme pour aérostats dirigeables ». (13) Ses recherches auraient pu intéresser l’armée française. En 1903 « Le Progrès de la Somme », rappelle à ses lecteurs « qu’un photographe d’Amiens, M. Zarski a inventé un dispositif des plus ingénieux (pour la propulsion des dirigeables), il a offert au ministère de la guerre de communiquer son invention, mais dans des conditions qui n’étaient pas conformes, paraît-il, aux sacro-saintes prescriptions des règlements administratifs. Il s’est contenté de prendre les brevets et de retirer ses offres. » (14)  En 1904, le Salon de l’automobile et des sports, fait une place à l’aérostation, Zarski   expose sous vitrine la maquette de son nouveau dispositif pour la propulsion des aérostats qui devrait intéresser les constructeurs de dirigeables. « Cette merveille de précision mécanique semble réunir tous les avantages quant au commandement des manoeuvres… » (15) Zarski revient à la charge en 1906. Associé à l’ingénieur L. Zbyszewski, il présente un nouveau dispositif de propulseur pour les aérostats dirigeables. Le quotidien parisien « L’Intransigeant » s’en fait l’écho mais reste sur la réserve : « Ce nouvel appareil à hélices à effacement a paru compliqué, quant à son rendement, les inventeurs n’ont pas encore procédé à des essais ». (16)

 Sources :

(1)  RetroNews - « Le Progrès de la Somme » du 21 avril 1889.

(2)  RetroNews – « Le Progrès de la Somme » des 27 juin 1888 et 21 avril 1889.

(3)  RetroNews – « Le Progrès de la Somme » du 22 novembre 1891.

(4)  Gallica – « Archives commerciales de la France » du 22 novembre 1891.

(5)   Gallica – « Archives commerciales de la France » du 25 mars 1893.

(6)   Bibliothèque nationale de France – Catalogue de l’exposition « Charles de Gaulle, la conquête de l’histoire » (1990).

(7)  Gallica  - « Le Panthéon de l’industrie » du 1er janvier 1897.

(8)   RetroNews – « Le Grand écho du Nord de la France » du 14 octobre 1900.

(9)  RetroNews – « Le Progrès de la Somme » du 11 mai 1912.

(10)              RetroNews - « Le Progrès de la Somme » du 27 janvier 1904.

(11)              RetroNews - « Le Progrès de la Somme » du 14 janvier 1913.

(12)              Gallica – « Bulletin des lois » du 1er janvier 1900.

(13)              Gallica – « Bulletin des lois » du 1er janvier 1901.

(14)              RetroNews – « Le Progrès de la Somme » du 21 juillet 1903.

(15)              RetroNews  - « Les Sports » du 17 décembre 1904. 

(16)              RetroNews – « L’Intransigeant » du 31 janvier 1906.