Edmond GIRARDIN

(1878-1968)
Photographe d'atelier
1 photographie

Biarritz Pyrénées-Atlantiques Brive Corrèze Tarbes Hautes-Pyrénées

Paul Edmond Girardin est né le 8 août 1878 à Cornaux (Suisse). Il sera naturalisé français en 1924. Comme d’autres horlogers helvètes, son père avait quitté la Suisse pour travailler à  Besançon (Doubs) où se concentrait la majeure partie de l’industrie horlogère française. Edmond Girardin a commencé sa carrière de photographe à Besançon et l'a poursuivie en Dordogne

 PERIGUEUX : Agé de 24 ans, Paul Edmond Girardin se marie le 18 octobre 1902 à Périgueux (Dordogne) où il est photographe. Son fils André naît l’année suivante. En mars, 1905, l’épouse du photographe décède à l’âge de 23 ans. Rien n’atteste qu’Edmond Girardin ait travaillé à son compte à Périgueux.  Dans son livre sur les photographes en Dordogne, Thierry Boisvert ne le recense parmi les photographes d’atelier. On trouve juste le nom de Girardin sur une carte postale d’un village périgourdin.

 BRIVE-LA-GAILLARDE : La préfecture de la Dordogne et celle de la Corrèze ne sont distantes que de 85  kilomètres. A une date qui reste à préciser, Edmond Girardin s’installe à Brive. Il y est recensé boulevard du Palais en 1911. (1)  Deux employés : Louis Ruard et Léon Pompeirac  travaillent dans son atelier ; preuve que le photographe suisse s’était constitué une belle clientèle en Corrèze.

Une vilaine rumeur.

 Pourtant, sa réputation professionnelle ne pèsera rien quand une vilaine rumeur le désignera, en août 1914, comme un « espion allemand ». Le photographe avait beau porté un nom bien français ; être originaire de la Suisse romande et non alémanique, il n’en restait pas moins un étranger. Le 3 août 1914, lendemain de la mobilisation générale, une opinion publique chauffée à blanc voit des espions partout. Girardin est accusé d’avoir photographié des engins de guerre et même d’avoir reçu 25 000 F pour faire sauter un viaduc… situé  à plusieurs centaines de kilomètres du front. La foule s’assemble devant son commerce, les plus excités envahissent  sa maison, brisent  une armoire à glace et crient à mort à l’étranger. Le photographe, menacé de lynchage, s’échappe et trouve refuge à la gendarmerie. Tard dans la soirée, la foule se disperse après les appels au calme répétés du capitaine de gendarmerie. (2) 

Malgré la vindicte dont il avait été victime Edmond Girardin poursuivra sa carrière à Brive pendant une vingtaine d’années. Il avait ouvert un deuxième établissement à Tarbes (Hautes-Pyrénées) où il sera  recensé en 1921 et 1926. L’atelier briviste était géré par un photographe espagnol Abellardo Muro dont l’épouse tenait la caisse. Quand son fils  prend la direction de l’établissement tarbais, Edmond Girardin revient à Brive. Il transfère son atelier rue de l’Hôtel-de-ville. En août 1933, un cambrioleur s’introduit dans son magasin et vole 850 F dans le tiroir-caisse. (3)

TARBES : On ne sait si c’est pendant la guerre ou juste après que le photographe a décidé de s’implanter à Tarbes (Hautes-Pyrénées). Il opère dans un atelier situé 10, avenue Bertrand-Barrère. Il y est recensé en 1921 et 1926. A cette date, son fils André travaille avec lui avant de prendre les rênes de l’atelier familial. 

BIARRITZ : Au dos d’une carte photo représentant un groupe de randonneurs, on trouve la signature E. Girardin.  Biarritz – Tarbes – Brive. Il ne semble pas que le photographe ait eu un atelier permanent à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). En revanche, l’été, il quittait Tarbes  et s’installait sur la côte basque,  destination très prisée de nombre d’estivants ; une clientèle fortunée que les photographes convoitaient. Dans « La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque » du 12 août 1923, on apprend que le photographe d’art Girardin opère en face l’hôtel d’Angleterre, un établissement de grande classe fréquenté par le gotha.

 Paul Edmond Girardin est décédé à Toulouse (Haute-Garonne) en 1968.

 (Je remercie Patrice Girardin, arrière-petit-fils du photographe, pour les précisions qu’il m’ a apportées)

 Sources :

(1) La plupart des portraits mentionnent une seule adresse "en face le Palais de Justice" ; d'autres sont signés "E. Girardin.  Boulevard du Palais - rue du Puy Blanc".

(2)  « Les ennuis d’un photographe briviste victime d’une rumeur en août 1914 ». https://sites.google.com/site/briveatraverslescartespostales/--les-ennuis-d-un-photographe-briviste-victime-d-une-rumeur-en-14

(3)  « Le Populaire du Centre » du 22 août 1933. Mis en ligne par la bibliothèque francophone multimédia de Limoges.