Caroline ONOFRI

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Dessinatrice et photographe

Bordeaux Gironde Carcassonne Narbonne Aude Perpignan Pyrénées Orientales

Caroline Louise Insinger (*) et son époux Joseph Onofri (*), ont été photographes en France durant la seconde moitié des années 1850. Précédemment,  ils étaient tous les deux artistes.

On ne sait rien sur la formation artistique de Caroline Insinger ni à quelle date elle a rencontré le peintre italien Joseph Onofri. L’un et l’autre ont été actifs dans les Pyrénées-Orientales et notamment à Perpignan. Bien qu’il soit plutôt apprécié pour ses portraits, Joseph Onofri peint en 1846 une vue de Castel-Roussillon. Après qu’elle a été exposée au musée de Perpignan, elle devient le principal lot d’une loterie organisée par l’artiste. (1)  On doit aussi à Onofri des vues de Collioure, Port-Vendres et de Saint-Antoine-de-Galamus. (2) De son côté, Caroline Onofry (sic) se rend à  Saint-Amélie-les-Bains où elle réalise un étonnant reportage sur la station thermale avec sa buvette minéro-thermale et surtout sa piscine de natation. Après avoir été lithographiés, huit dessins d’après nature serviront à illustrer l’ouvrage du docteur Pujade intitulé « Grand album pittoresque de l’établissement du Dr Pujade et de ses environs » imprimé à Perpignan en 1849. (3)

PHOTOGRAPHES : A l’automne 1855, le couple est installé faubourg des Jacobins à Carcassonne. "Le Courrier de l’Aude" daté du 28 novembre, publie l’annonce suivante : "Portraits Photographiés en noir et en couleur par M. et Mad. Onofry, artistes. On connaît la vogue que l’invention de la Photographie a obtenue, et la faveur qui a accueilli, à Paris et dans les grandes villes, les portraits résultant de ce procédé. En effet, outre la ressemblance identique que le daguerréotype donne, la photographie a le double avantage d’en éviter le miroitement et d’offrir la vigueur et le modelé du plus beau dessin. Indépendamment de ces qualités propres à toute bonne photographie, les portraits que M. et Mme Onofry offrent au public réunissent à la plus grande ressemblance le mérite et l’agrément de la couleur..." (4) Les Onofri quittent Carcassonne à la mi-mai 1856 et s’en vont à Narbonne (Aude). (5) Sept mois plus tard, en décembre 1856, ils sont de retour à Perpignan, Là, c’est Mme Onofri qui est à l’oeuvre dans l’atelier de la rue impasse de l’Ange pendant que son mari et Mlle L. C se chargent des portraits peints à l’huile. (6) A l’automne 1857, la photographe passe un mois à Paris "afin de se perfectionner dans les méthodes les plus parfaites et les plus récentes de la Photographie".  (7) Les Onofri séjournent à Perpignan jusqu’à la fin de l’année 1857. On les retrouve ensuite à Bordeaux (Gironde) dans un atelier situé allées de Tourny. Joseph Onofri y décède le 24 septembre 1858. Il semble que sa veuve ait poursuivi son activité quelque temps. Dans son "Répertoire des photographes de France au XIXe siècle", Jean-Marie Voignier mentionne un Onofri photographe à Bordeaux vers 1859-1860.

 (*) Sur l’acte de décès de son mari, on pense lire Caroline Louise Irnsieger (peintre), mais ce patronyme n’existe pas sur Geneanet contrairement à Insinger. A noter qu’Alfred Insinger, natif d’Amsterdam, rentier, âgé de 68 ans et marié à une Française, est décédé à Bordeaux en 1865. Quant à Joseph Onofri, son patronyme est souvent orthographié Onofry et même Ornofry, ce qui fait plus anglais qu’italien.

Sources :

(1)  « Le Journal des Pyrénées Orientales » du 18 novembre 1846. Consultable en ligne sur Ressources – Patrimoine en Occitanie.

(2)  La Médiathèque de Perpignan reproduit sur son site cinq gravures tirées d’œuvres peintes par Onofri.

(3)  L’ouvrage et ses illustrations sont consultables sur Gallica. On notera que la lithographie  de la piscine de natation est différente de celle exposée sur le site de la Médiathèque de Perpignan. Le docteur Pujade l’aurait-il trouvée trop suggestive ? 

(4)  « Le Courrier de l’Aude » du 28 novembre 1855. Consultable en ligne sur Ressources – Patrimoine en Occitanie.

(5)  « Le Courrier de l’Aude » du 7 mai 1856. Voir supra.

(6)  « Le Journal des Pyrénées Orientales » du 13 décembre 1856. Voir supra.

(7)  « Le Journal des Pyrénées Orientales »  du 24 octobre 1857. Voir supra.