Juliette ROZIER

(1856-?)
Photographe d'atelier
2 photographies

Bagnols-sur-Cèze Gard Bollène Vaucluse Crest Drôme Vienne Isère

La notice ci-dessous doit tout ou presque à Jean-Luc Tissot, président du club Niepce Lumière, auteur de l’article. « Les Rozier, une famille de photographes », publié en juin 2021 dans le n°223 de la revue Res Photographica.

Le 5 août 1854 à Saint-Jean-en-Royans (Drôme), Jacques Joseph Rozier (1831-1895), tailleur d’habits épouse Victorine Champavier (1834-?), couturière puis ouvrière en soie. Le couple aura deux enfants nés à treize mois d’écart : Joseph Antoine Victor -dit Jules- né le 17 février 1855 et Victorine Juliette Augustine le 18 mars 1856. Lors du recensement de 1866, Juliette, âgée de 10 ans, vit avec ses parents et son frère chez son grand-père maternel Antoine Champavier, chaufournier et cultivateur. Un an plus tard, sa mère obtient d’être séparée de biens d’avec son mari, prélude à une séparation tout court. Le père de Juliette s’éloigne de  Saint-Jean-en-Royans ; sa mère prend un logement dans la Grand rue de la commune. C’est là qu’elle est recensée en 1872 ainsi que son fils. Bien qu’il n’ait que 17 ans, Jules est déjà photographe, métier qu’il va exercer avec sa mère à Saint-Jean-en-Royans avant qu’ils ne s’installent tous les deux à Grenoble (Isère) puis à Crest (Drôme). Et Juliette ? Il semble qu’adolescente, elle soit restée quelques années chez son grand-père maternel qui était veuf depuis longtemps.

CREST : En 1876, Juliette Rozier, âgée de 20 ans, vit avec sa mère à Crest. Elle se forme  auprès d’elle au métier de photographe alors que Jules, qui avait signé un engagement volontaire de cinq ans, poursuivait en Algérie son service militaire au 3e régiment de zouaves.  

VIENNE : Après avoir quitté la Drôme, mère et fille opèrent dans un atelier situé 11, cours Romestang à Vienne (Isère) où elles seront rejointes durant l’été 1880 par Jules.  Les portraits qui sortent de l’atelier viennois sont désormais signés « Mme Rozier et ses Enfants ». Les Rozier vont travailler une dizaine d’années à Vienne. En 1890, ce sont les frères Joguet qui reprennent l’atelier du cours Romestang qui devient une succursale de leur établissement principal de Lyon.

CREST : Victorine, accompagnée de sa fille, repart à Crest tandis que Jules s’en va à Arles (Bouches-du-Rhône) où il se mariera en 1892. A Crest, mère et fille travaillent dans un atelier situé 14, place de la République mais les portraits sont signés de Mme Rozier sans mention de sa fille. Il en sera ainsi jusqu’au décès de Victorine.

BOLLENE : Nouveau déménagement à la toute fin du XIXe siècle : les Rozier quittent  la  Drôme et migrent vers le Vaucluse. En 1901, Victorine et Juliette sont recensées à Bollène, une commune de 5 500 habitants où elles sont les seules photographes. Septuagénaire, Victorine aurait pu finir paisiblement sa carrière à Bollène et bien non. A une date qui reste à préciser, elle baisse le rideau de son atelier vauclusien et, toujours accompagnée de Juliette, part à Bagnols-sur-Cèze (Gard) 

BAGNOLS-SUR-CEZE : En 1906, Victorine Champavier et Juliette Rozier sont photographes route de Nîmes à Bagnols-sur-Cèze.  Après le décès de sa mère dont on ignore la date, Juliette continue à opérer à Bagnols-sur-Cèze. Elle signe ses portraits « Mlle Juliette Rozier. »  En 1921, elle est recensée comme photographe patronne route de Nîmes.  En 1924, âgée de 68 ans, elle vend le fonds de commerce, sans doute au frères Miesienski, photographes à Avignon, qui auraient transformé l’atelier en  succursale.