Jules ROZIER

(1855-1917)
Photographe d'atelier
3 photographies

Arles Bouches-du-Rhône Grenoble - Vienne Isère Saint-Jean-en-Royans - Crest Drôme Uzès Gard

La notice ci-dessous doit tout ou presque à Jean-Luc Tissot, président du club Niepce Lumière, auteur de l’article. « Les Rozier, une famille de photographes », publié en juin 2021 dans le n°223 de la revue Res Photographica.

 Le 5 avril 1854, Jacques Joseph Rozier (1831-1895), qui à l’âge de 12 ans était déjà orphelin de père et de mère, épouse Victoire Champavier (1834- ?) Tous deux sont domiciliés à Saint-Jean-en-Royans (Drôme) où Joseph est tailleur d’habits et Victorine -son prénom usuel, couturière. Moins d’un an plus tard, le 17 février 1855, naît un fils qu’ils prénomment Joseph Antoine Victor mais qui se fera toujours appeler Jules. Treize mois plus tard, Jules peut se pencher sur le berceau de sa petite sœur, Juliette née le 18 mars 1856. Les Rozier n’auront pas d’autres enfants.  En 1866, le ménage vit chez le père de Victorine. Moins d’un an plus tard, celle-ci obtient la séparation de biens d’avec son mari. Ils ne vivront plus ensemble.

L’ADOLESCENT PHOTOGRAPHE : Au printemps 1872, Jules Rozier, âgé de 17 ans, est photographe et vit avec sa mère à Saint-Jean-en-Royans, commune de 2 700 habitants. Comment a-t-il découvert ce métier qu’il va exercer toute sa vie ? Passage d’un photographe ambulant à Saint-Jean ou à Valence un jour de foire ? Est-ce Victoire, ouvrière en soie, qui a pu acheter le minimum de matériel indispensable pour travailler ? On ne le saura jamais. Mais Jules ne travaillera pas longtemps dans sa commune natale. Avec sa mère, il part s’installer à Grenoble (Isère)

GRENOBLE : On ne sait précisément quand Victorine, désormais photographe, et Jules se sont installés à Grenoble, préfecture de l’Isère. Ils ont opéré, peu de temps, dans un atelier situé 9, rue Montorge. Les portraits faits à cette adresse sont signés « Mme Rozier & Fils ».

CREST : On trouve encore la signature « Mme Rozier & Fils » au dos de photographies faites à Crest, commune de la Drôme où Victorine Rozier a opéré après avoir quitté Grenoble.  Mais sachant que Jules est parti en Algérie à l’automne 1873 faire son service militaire, il n’a pas pu s’attarder à Crest.

ENGAGE VOLONTAIRE EN ALGERIE : On ne sait si c’est à la mairie de Grenoble ou à celle de Crest que Jules Rozier a signé, à l’âge de 18 ans, un engagement volontaire de cinq ans. Engagé, il avait le choix du corps dans lequel il voulait servir. Pour Jules, ce sera le 3e régiment de zouaves. Il le rejoint à Tebessa au sud de Constantine le 22 décembre 1873. Bon soldat, il sera promu adjudant en 1889, soit onze ans après la fin de son engagement le 30 août 1878. 

A notre connaissance, Jules Rozier n’a aucun de lien de parenté avec Ferdinand et Félix Rozier, deux frères nés à Paris et 1837 et 1839, qui ont été photographes rue Maugrébins dans la Casbah d’Alger. (1)

VIENNE : Selon son registre matricule, Jules aurait vécu quelque temps 120, cours Lafayette à Lyon avant de rejoindre sa mère et sa sœur à Vienne (Isère). Depuis 1877, Mme Rozier, secondée par Juliette, opérait 11, cours Romestang.  Pendant une dizaine d’années Victorine, son fils et sa fille se partagent le même atelier. Les portraits sont signés « Mme Rozier  et ses enfants. »  Le trio se sépare en 1890. L’atelier du cours Romestang est vendu aux frères Joguet, qui en font une succursale de leur établissement principal de Lyon.  Victorine repart à Crest avec sa fille ; Jules s’en va à Arles (Bouches-du-Rhône).

ARLES : En 1891, Jules Rozier, photographe, est recensé au 5, avenue du Plan du Bourg (Faubourg du Cirque). Il travaille dans un atelier où s’étaient succédés Louis Dumaine qui avait fait faillite en août 1887 puis Carlos Braun et Louis Toussaint. Le bail de ces derniers ayant expiré le 29 mars 1889, (2) Rozier a pu commencer à opérer à Arles en 1890. Le 23 novembre 1892, âgé de 37 ans, il épouse Louise Sablon, sans profession, qui est originaire d’Uzès (Gard).  Le couple n‘aura pas d’enfant. En 1895-1896, selon l’Indicateur marseillais, Rozier reçoit sa clientèle 5, avenue Carnot - Faubourg du Cirque (nouvelle dénomination de l’avenue du Plan du Bourg) puis il transfère son atelier 14, place de la République en 1897.  Il y est recensé en 1901, un an avant son départ pour Uzès.

.UZES : En juillet 1902, Jules Rozier informe les habitants d’Uzès qu’il est définitivement installé boulevard Gambetta. (3) En déménageant dans cette ville de 4 900 habitants, le photographe ne partait pas pour l’inconnu. Située à une soixantaine de kilomètres d’Arles, Uzès était la commune natale de son épouse. En avril 1902, encore photographe à Arles, il avait offert un bon pour six portraits à la tombola des sapeurs pompiers. (4)  A Uzès, Jules Rozier ne sera pas que photographe.  En 1906, domicilié place du Marché au Blé, il est brigadier de police municipale. Des cartes postales d’Uzès faites avant 1904  sont signées « J. Rozier Représentant et Photographe ».  Il semble qu’à la fin de sa vie, il ait été employé à la Caisse d’épargne. C’est ce domicile qui est mentionné sur son acte de décès le 24 mars 1917 et ce sont deux employés de la Caisse d’épargne qui sont venus à la mairie faire la déclaration. (5).

 

Sources :

(1)  Blog de Gilles Dupont

http://photographesdebiskra.blogspot.com/2010/03/rozier.html

(2) Archvies départemetnales des Bouches-du-Rhône

(3)  « Le Journal d’Uzès » du 13 juillet 1902. Consultable en ligne sur Ressources -Patrimoine en Occitanie.

(4)   « Le Journal d’Uzès » du 6 avril 1902. Idem

(5)   Archives municipales d’Uzès.