Dominique Achille COEULTE

(1804-1888)
Daguerréotypiste puis photographe
6 photographies

Paris Seine Nancy Meurthe-et-Moselle

Fils d’un boucher, Dominique Joseph Achille Coeulte est né le 4 août 1804 à Hesdin (Pas-de-Calais). Il se marie à Paris le 16 février 1833. En septembre 1839, quand son fils décède à l'âge de deux mois, il est chaudronnier.. A noter que dans le tome XIV de la Correspondance générale de Pierre Joseph Proudhon, il est fait mention d’un Coeulte, chaudronnier de son état, qui s’est fait photographe. "Un fort brave homme" selon Proudhon qui le connaissait depuis longtemps. Avant d’être photographe, Coeulte a pratiqué très tôt le daguerréotype à Paris et en province. Dans la capitale, Coeulte a exercé 30, quai de la Grève ; 3, impasse Dantin ; 1, boulevard des Filles du Calvaire ; 6 puis 32, Petite rue Saint-Pierre-Amelot.

Au printemps 1845, il est à Vannes (Morbihan). Dans son édition du 12 avril 1845, "Le Morbihan - Journal des intérêts du département, religieux, commercial, agricole, industriel, politique et littéraire" insère un encart publicitaire sur ses "Portraits au Daguerréotype - Sans intervention du Soleil - Prix 8 Fr". Coeulte vante la qualité de ses portraits : "Jusqu’à présent on n’avait pu obtenir les images que sur des fonds généralement ternes, bleuâtres et souvent salis ; le dessin, faiblement détaché sur des fonds rembrunis, ne laissait apercevoir que des formes tristes, mollement arrêtées et par conséquent désavantageuses pour la physionomie. Aujourd’hui M. Coeulte est parvenu, à force de travail et de persévérance, à reproduire des portraits sur des fonds blancs, comme les plus belles gravures, aussi le daguerréotype n’a plus le don funeste de maltraiter et de vieillir des physionomies pleines de jeunesse et de beauté". A Vannes, Coeulte a installé son laboratoire en un lieu peu banal : la tour de la Porte-Prison. Il accueille ses clients à l’entrée ainsi "les personnes n’auront pas à craindre d’être vues". Après son séjour en Bretagne, Coeulte se rend à Nancy (Meurthe-et-Moselle). C’est son troisième passage dans la ville. Au printemps 1843, il y avait fait un séjour de plusieurs semaines. Il avait installé son laboratoire dans un jardin situé rue Sainte-Catherine. Il en sera de même en 1844 et 1845. Cette année-là, son travail est perturbé par le mauvais temps. Selon "L’Espérance - Courrier de Nancy" daté du 4 septembre 1845, Coeulte emploie ses loisirs forcés "à des expériences dont le résultat lui permet d’obtenir, en trois secondes, d’une manière satisfaisante, les portraits d’enfants et de grandes personnes à qui la vivacité de la lumière empêche de poser longtemps". En 1847, à Nancy, il travaille 21, rue Stanislas chez un marchand d’objets d’art. Après plusieurs années d’absence, les Nancéiens le reverront en 1853. Il est alors installé 30, rue Primatiale. Coeulte propose encore auxLorrainsns qui le désirent "des portraits sur plaque et en couleur d’une belle perfection" donc des daguerréotypes mais à ceux qui préfèrent un portrait sur papier il leur demande "de s’y prendre quelques jours d’avance, ceci nécessitant plus de travail que ceux sur plaque". En 1854, il renonce à revenir à Nancy et invite les Lorrains de passage à Paris à venir le voir dans le nouvel établissement qu’il vient d’ouvrir 29, rue Laffite. Cette année-là, le 17 octobre 1854, le maréchal de Saint-Arnaud, décéde du choléra sur le bateau qui le ramenait en France après avoir remporté la bataille de l’Alma en Crimée. Il  eut droit à des funérailles nationales. Coeulte s’installa avec son matériel sur le boulevard où passait l’impressionnant convoi funèbre. Il fit quelques vues instantanées qu’il envoya au journal "La Lumière".  

Malgré l’ouverture progressive d’ateliers dans les grandes villes, Coeulte a poursuivi ses tournées en province. Au printemps 1860, il est avec sa fille à Tours (Indre-et-Loire) où il fait des "Portraits en photographie, noirs et couleurs". "Le Journal d’Indre-et-Loire", daté du 25 avril 1860, le présente comme "Un des doyens de la photographie, M. Coeulte, bien connu dans la capitale par ses longues recherches pour l’aménagement des portraits est de passage à Tours..." Mlle Coeulte, artiste peintre, accompagne son père : "Les dames la trouveront pour s’entendre à l’avance pour les toilettes les plus avantageuses". Dominique Achille Coeulte a été actif à Paris jusqu’au début des années 1870. Il semble que sous le Second Empire il ait aussi travaillé à Bruxelles, associé à Tailliez. Des portraits "carte de visite" sont signés "Tailliez & Coeulte Photographes. Rue Neuve Chaussée, 26". C’est sans doute la guerre franco-prussienne ou la Commune qui l’ont poussé à s’installer en province. En 1872, il est photographe recensé à L’Aigle (Orne) qui comptait alors 5 300 habitants. Son atelier est situé 25, rue Porte Givry. Après son départ de cette petite ville, il y a dans sa vie un blanc d’une quinzaine d’années. Octogénaire, Dominique Achille Coeulte est décédé le 2 juin 1888 à l’hospice de la Reconnaissance à Garches (Hauts-de-Seine). Cet établissement de bienfaisance, fondé par Michel Brezin en 1833, était destiné en priorité aux ouvriers forgerons, serruriers ou mécaniciens sexagénaires et sans ressources.

Sources :

- Christian Debize - La Photographie à Nancy au XIXe siècle - thèse de doctorat. 1982

- la collection de "L’Espérance - Courrier de Nancy" est consultable sur www.kiosque-lorrain.fr

- La presse ancienne du Morbihan a été mise en ligne sur le site des Archives départementales.

- Images révélées - 150 ans de photographies aux Archives de l’Orne - 2007