Frédéric MONTEL

(1866-1944)
Photographe itinéraire puis sédentaire.
4 photographies

Ecueillé Indre

Pendant près de trente ans, Frédéric Montel a été photographe ambulant. Vers 1920, il s’arrête à Ecueillé (Indre), un bourg de 1 700 habitants qu’il ne quittera plus. Sur la place du champ de foire, il a stationné ses deux roulottes : l’une dans laquelle il vit ; l’autre qui lui sert d’atelier. Retracer la carrière d’un artiste ambulant n’est pas chose aisée. Michaël Beigneux, photographe aux Archives départementales d’Indre-et-Loire, a fait de longues recherches sur Frédéric Montel. Une sythèse de son travail, illustrée de photos rares et émouvantes du photographe posant à la fin de sa vie dans sa roulotte, a été  mise en ligne sur le site des Archives départementales d’Indre-et-Loire. www.archives.touraine.fr Les quelques lignes qui suivent ne sont qu’un pâle reflet de ce travail exemplaire.

Fils d’un cuisinier-pâtissier et d’une couturière, Frédéric Alexis Montel est né le 17 août 1866 à Lyon (2e). Ses parents s’installent ensuite en banlieue parisienne. L’enfant n’a pas atteint son huitième anniversaire quand sa mère décède en 1874 à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). Jeune homme, Frédéric Montel est d’abord pâtissier comme son père dont il va cependant s’éloigner. On ne sait pourquoi il part travailler, vers 1884-1885, à Bléré (Indre-et-Loire), une commune de 3 600 habitants où il est cuisinier à l’hôtel du Cheval Blanc. C’est à Bléré, le 7 mai 1889, qu’il épouse Berthe Charloton, couturière. Le jeune couple quitte la Touraine pour la Normandie où naît leur fils, Marcel, en 1890. Deux ans plus tard, ils sont de retour à Bléré. C’est à cette époque que Montel commence à pratiquer la photographie qui va devenir son activité principale. En septembre 1895, Frédéric Montel et son épouse se séparent. Le divorce est prononcé le 31 décembre 1897 ; Montel obtient la garde exclusive de son petit garçon. Père et fils vivent un temps à La Haye-Descartes (Indre-et-Loire) puis se déplacent en roulotte. Cette itinérance en Touraine -et sans doute au-delà- va durer plus de vingt ans, Montel stationne son véhicule hippomobile sur la place du village ou le champ de foire et propose aux habitants du cru de les photographier. Ce qu’il fait bien. Les portraits signés F. Montel "Photographie Artistique du XXe siècle" reproduits sur ce site révèlent une maîtrise peu fréquente chez les artistes ambulants qui opéraient au début du XXe siècle. Les pérégrinations de Frédéric Montel prendront fin vers 1920 à Ecueillé où il sera photographe pendant un quart de siècle. Il y est décédé le 23 avril 1944, quatre mois avant son fils Marcel, lui aussi photographe, l’une des onze victimes de la bataille d’Ecueillé le 25 août.